Vivre un couple harmonieux

vivre un couple harmonieux Valérie Rousseau

Comment va votre couple ? Avez-vous regardé votre conjoint(e) avec douceur et bienveillance ces 10 derniers jours ? Est-ce que vous ressentez encore votre cœur rempli de gratitude pour cette relation que vous vivez au quotidien ?

Beaucoup de couples s’aiment, mais ne se le disent plus. Ils sont tombés dans l’habitude, la routine, pire l’indifférence. Chacun vit à côté plutôt qu’ensemble. Beaucoup de couples ont évolué d’une relation fusionnelle, voire passionnelle à une relation conflictuelle. Chaque partenaire est resté enfermé dans ses propres liens toxiques, souvent issus de l’enfance, en essayant de rejouer ou de réparer son histoire personnelle, sans tenter de comprendre les besoins et les souffrances de l’autre, sans chercher à évoluer ensemble.

Nous allons analyser cette évolution du couple et proposer des moyens concrets et pratiques, faciles à mettre en place, pour améliorer cette relation complexe qu’on appelle le couple.

 

La période fusionnelle

La longévité du couple est devenue un défi. Au début de la relation, et pendant les 3 à 4 premières années, les corps baignent dans une libération régulière d’hormones de bien-être, ocytocines et dopamines, qui maintiennent le désir et renforce l’attachement à l’autre.

 L’amoureux se comporte vis-à-vis de l’être aimé comme avec une addiction. Son cerveau libère de la dopamine, hormone du plaisir et il nage dans le bonheur.  Néanmoins peu à peu une accoutumance se crée et le plaisir diminue. De plus, à la différence de l’objet d’une dépendance, la personne aimée ne répond pas systématiquement à l’attente de l’autre et de ce fait ne vient pas combler les besoins et les manques de la personne amoureuse. Des frustrations plus ou moins grandes s’installent. A cela vient s’ajouter la fatigue du quotidien et les contrariétés. L’individu peut choisir alors de se tourner vers d’autres plaisirs pour réactiver sa dose régulière de dopamine.

D’autre part, l’ocytocine secrétée durant les relations intimes (câlins, bisous, acte sexuel) va aussi jouer un rôle essentiel. Cette hormone dite de l’attachement, présente chez tous les mammifères, se développe dès la naissance entre la mère et son enfant. Elle est à la base de notre capacité à développer un attachement solide et durable. Elle permet de renforcer les liens amoureux et affectifs en créant de nouvelles connexions neuronales positives, Ainsi par le biais de l’ocytocine, toutes les expériences affectives vécues dans notre enfance et plus tard laissent des traces indélébiles dans notre mémoire et vont soutenir notre capacité d’attachement et de confiance en notre partenaire amoureux.

Ainsi le couple amoureux se construit à la fois sur des moments de plaisir et de désir à court terme, mais aussi sur des liens d’attachement plus durables qui s’inscrivent dans la mémoire émotionnelle.

Durant cette période idyllique et fusionnelle, une sorte de pacte fondateur se met en place entre les partenaires. « Un contrat inconscient et implicite dont on ne parle pas entre partenaire » (1). Dans ce jeu relationnel, chacun est d’accord pour ne pas parler du point faible de l’autre, chacun est convaincu que ses propres difficultés sont liées aux difficultés de l’autre. Ainsi le contrat protège chaque partenaire de ses symptômes et souffrances. Les fantômes du passé sont enfermés dans les placards donnant l’illusion que tout va bien dans le meilleur des mondes.

 

La période de la différenciation

Passez la première phase d’exaltation romantique liée en grande partie à la stimulation hormonale, la personne amoureuse se confronte à la réalité de l’autre, et cette réalité peut devenir très décevante. Chacun sort d’une sorte d’illusion : « Tu m’as menti ? tu ne ressens pas comme moi, tu ne penses pas comme moi, tu es différent de moi, donc comment se comprendre ? ».

Le couple va devoir se réorganiser pour intégrer et accepter les différences de l’autre. Il doit continuer en permettant à chacun d’exister avec ses besoins, ses désirs et ses exigences. On parle souvent ici d’un passage d’un état fusionnel, voir dépendant, à une autonomie, c’est le moment où le 1+1 ne fait plus 1 mais 3 (toi, moi, notre couple).

Durant cette période, les blessures de l’enfance et de l’attachement se réactivent. On peut se sentir rejeté, abandonné, dévalorisé, incompris… Plus nos blessures d’enfance sont sensibles et non cicatrisées, plus notre niveau de plainte et de frustration est important. Le pacte fondateur initial peut-être remis en question. Une période de crise est souvent nécessaire pour remettre à plat le couple et définir une sorte de contrat conjugal où chacun se sent plus libre d’exister pleinement et à la fois soutenu et compris par l’autre dans ses fragilités.

ll est normal, voir nécessaire pour un couple de traverser des périodes de crise et de doute. Chaque crise permet de faire avancer la relation en modifiant le contrat, et en permettant une évolution bénéfique pour chacun. Néanmoins, si l’un des partenaires refuse ou ne comprend pas le changement demandé par l’autre, le couple risque de se bloquer et de s’enliser dans un état de crise. S’il n’y a pas de communication possible, si chacun campe sur ses positions et se sent victime de l’autre, alors le couple est en danger.

 

Surmonter les crises

Le psychiatre Serge Hefez (2) parle de crise fondatrice.  Pour lui un couple se construit à travers ses crises qui peu à peu vont affiner la relation. Ainsi chacun doit pouvoir s’autoriser à exprimer ses insatisfactions et sa demande de changement sans que l’autre se sente nié ou coupable. En effet, ce qui est remis en question n’est pas tant la personne que la relation. Pour pouvoir en parler sereinement , le couple a tout d’abord besoin d’apprendre à bien communiquer, d’autre part  il est essentiel de consacrer du temps et des espaces de rencontre pour vivre son couple, enfin le partage de moments de bien-être et de bonheur consolide les liens d’attachement.

 

1-Apprendre à bien communiquer

Une communication de qualité repose tout d’abord sur 3 critères (voir la pratique du Renouveau dans les conseils) :

-Être égalitaire : chaque partenaire considère que la parole de l’un à autant de valeur que celle de l’autre. Chacun accorde à l’autre le temps de parole qui lui est nécessaire.

-Être constructive : Une fois que les problèmes sont posés, que la plainte est exprimée, chacun est dans la recherche de solutions et d’améliorations pour retrouver de l’harmonie.

-Être Empathique, avec une vraie envie de comprendre les ressentis de son partenaire.  En essayant de se mettre à la place de l’autre, il est possible d’appréhender les difficultés de son conjoint, son point de vue, ses besoins, ses souffrances.

De plus, pour être claire et sans ambiguïté, la communication doit s’appuyer sur une écoute active. Cela signifie que l’on utilise la reformulation des propos de son partenaire pour vérifier la bonne compréhension de sa pensée. Cela permet d’éviter les interprétations personnelles, sources d’incompréhension et de conflits.

 

2- Se donner du temps et des espaces de rencontre

Un couple a besoin de s’accorder du temps, à la fois pour communiquer, pour évaluer les difficultés du couple et apporter ensemble des solutions, mais aussi pour retrouver des espaces privilégiés qui réactivent les liens affectifs des premières années.

Souvent ces moments de couple sont totalement mis de côté au profit de la famille. L’espace parental occupe toute la place. Les discussions sont orientées autour de l’éducation des enfants, du travail, de la maison, de l’argent et rarement autour de la relation de couple.

Pourtant, il est essentiel de réévaluer la qualité de cette relation pour éviter qu’elle tombe dans des comportements toxiques, dans des acquis délétères, et devienne source d’ennui et de lassitude. Le couple a besoin de vivre aussi en dehors de la famille.

 

3- Partager des moments de bien-être

Toutes les études sur le couple montrent que partager des activités ensemble créent des relations plus épanouies et plus durables. Pratiquer une activité sportive ou artistique ensemble, aller danser ou voir un concert, cuisiner, voyager, toute sortie en couple va renforcer les liens d’attachement.

De plus, il est essentiel de maintenir l’intimité physique du couple à travers des moments privilégiés, choisis et sans perturbation extérieure (enfants, travail, téléphone). Ainsi chaque moment vécu à deux  participe à créer des souvenirs positifs qui alimentent l’histoire du couple. 

C’est en s’appuyant sur cette histoire, que le couple est capable de se raconter, de se réinventer et de survivre au temps qui passe.

 

Pour conclure, on peut dire que le couple représente une relation affective dans laquelle la stabilité favorise une coévolution. Cette stabilité n’est pas exempte de turbulences. C’est pourquoi, pour réussir cette évolution des deux parties, une communication respectueuse, empathique, et authentique est nécessaire. De plus, même si chacun est pris par son travail, par les enfants et par des activités personnelles, il est indispensable pour sa survie qu’existe un espace réservé au couple.

 

La relation de couple souvent pressentie comme un espace sexuel et familial, souvent vécue comme source de conflits et de contraintes, peut devenir aussi un lien de soutien et d’entraide. Le couple devient alors le révélateur d’un soi intime et profond et concoure à l’épanouissement de chaque partenaire.

 


Articles similaires

Catégories

Partenaire

Sites amis

antoinebrocard.com

Freepik.com

com-unik.com

Derniers articles

FAIRE GRANDIR LA CONFIANCE EN SOI

FAIRE GRANDIR LA CONFIANCE EN SOI

perte de poids Valérie Rousseau Talence

Les Kilos émotionnels

Adieu Fatigue Bonjour Vitalité

Adieu Fatigue Bonjour Vitalité

Et si mon poids racontait mon histoire...

Et si mon poids racontait mon histoire...