Libérer les violences et les traumas du passé par l'EMDR
Les neurosciences nous prouvent aujourd'hui qu'il est possible de libérer le poids émotionnel des vécus difficiles, des violences et des traumatismes par les approches neuropsychologiques : EMDR, Libérations des Chocs émotionnels ou Techniques de Libération des Peurs
« Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime »
Assise sur le fauteuil jaune de mon cabinet, Isabelle après avoir été mise en état de conscience modifiée se rappelle qu’enfant à la suite d’une dispute terrible dans la voiture familiale, son père avait menacée sa mère de foncer contre un arbre. Assise à l’arrière, terrorisée par les cris et les pleurs de sa mère, elle s’était imaginé la violence du choc et ses conséquences. Il y a quelques mois, Isabelle a eu un léger accident de voiture, pourtant elle est terrorisée à l’idée de prendre le volant. En libérant toutes les réactions incontrôlées de peur que son système nerveux a engrammé durant cet épisode de son enfance et qui se sont réactivées à la suite de l’accident récent, Isabelle peut conduire de nouveau sereinement.
Tout expérience douloureuse, tout choc traumatique, toute peur intense laisse des traces dans notre corps physique en créant des sortes de mémoires engrammées au niveau de notre cerveau limbique et reptilien.
Ce « marqueur neurologique » va s’exprimer à travers des réactions émotionnelles inadaptées face à des situations de stress ou même de la vie quotidienne.
Un homme vient me consulter car il se sent totalement anéanti depuis que sa femme lui a annoncé qu’elle doit partir durant la semaine pour son travail et ne pourra pas rentrer le soir. Il se rappelle alors qu’enfant il s’était senti totalement abandonné, quand ses parents étaient rentrés tard sans prévenir . La libération neuropsychologique de ce souvenir anxiogène lui a permis de trouver plus de sérénité face aux absences de sa compagne.
Dans les 2 exemples cités, le système nerveux de la personne a gardé en mémoire à l’état brut toutes les sensations physiques, les ressentis émotionnels, la souffrance et le mal-être psychologiques de ces expériences douloureuses, comme si cela s’était produit hier.
Le cerveau qui a subi un trop grand stress au moment de l’expérience, a verrouillé le système de traitement de l’information et le souvenir reste figé dans le présent.
Par la suite, toutes ces sensations vont se réactiver face à une expérience ou un contexte similaire. Le cerveau active les hormones du stress et du danger. La personne est malgré elle en proie à des peurs et des émotions excessives, parfois qu’elle ne comprend pas.
Les techniques de Libération des Chocs Emotionnels ou EMDR vont permettre au système nerveux d’évacuer toute la part traumatique d’un souvenir et soulager les blessures de vie associées.
La pratique de mouvements bilatéraux des yeux , de stimulations sensorielles auditives ou kinesthésiques alternées à droite et à gauche va créer de nouveaux trajets neuronaux entre les différents cerveaux, le cortex analytique et le limbique émotionnel et reptilien.
La personne revit son histoire dans toutes ses dimensions physiques, dans tous ses ressentis émotionnels, dans toutes ses pensées et croyances tout en suivant les gestes et stimulations du thérapeute.
Peu à peu l’information prend de nouveaux chemins, elle se neutralise. La personne regarde la scène avec distance et éprouve une plus grande sérénité. La mémoire de l’expérience change de tiroir et devient un souvenir désagréable certes, mais sans réaction de stress. L’expérience est enfin digérée par le cerveau et le système nerveux. Il ne reste que les traces du souvenir pareil à un film que l’on regarde en tant que spectateur.
Durant tout le déroulé de la technique, le thérapeute est totalement concentré et à l’écoute de toutes les réactions du consultant. Sa voix, ses gestes doivent être rassurants et à la fois engageants pour permettre à la personne d’aller jusqu’au bout du processus de libération.
Cette technique psychocorporelle est très intéressante pour libérer rapidement les peurs excessives, parfois sans raison évidente, les comportements irrationnels, les pensées obsessionnelles. Elle soulage aussi les TOC et les phobies. En 2 à 6 séances, la personne se libère de la peur des ascenseurs, des lieux fermés, de prendre l’avion, etc.
Il n’est pas toujours nécessaire de faire des liens avec des souvenirs passés. Le point de départ de cet accompagnement démarre avec les symptômes présents dans la vie du consultant. Néanmoins, il arrive que des scènes du passé remontent à la surface quand la peur et le stress du présent sont évacués, car l’inconscient va naturellement permettre de retisser les liens entre le vécu présent et les traumatismes du passé.
Une étude de cas : la maltraitance psychologique
Sabine a 39 ans et se sent profondément déprimée. Très vite stressée par le travail, les obligations familiales, elle se pense incompétente. Quand elle parle d’elle, elle a tendance à se cacher derrière ses mains, honteuse de qui elle est. Enfant, elle était dénigrée, dévalorisée au quotidien. Dès qu’elle rentrait de l’école, elle devait supporter les brimades de son père. Elle s’est construite en se pensant moche, insuffisante, stupide. Ces critiques journalières sont devenues une part de son identité.
Sabine, même si elle n’a jamais été battue, ou maltraitée physiquement vit un stress post -traumatique depuis l’enfance. En effet, la répétition des violences verbales du père a créé un état d’alerte et d’insécurité permanent dans son cerveau. Elle se méfie des gens, du regard de l’autre et surtout des hommes. Elle perd facilement ses moyens si elle doit parler ou s’exposer à son travail. Toute interaction verbale lui coûte. Aujourd’hui cette peur constante de l’autre lui crée une grande fatigabilité, des tensions corporelles importantes et beaucoup de difficulté à rencontrer des gens.
Le suivi thérapeutique a impliqué d’abord d’établir un lien de confiance nécessaire pour que Sabine parle sans peur du jugement. Quand elle s’est sentie accueillie dans sa souffrance et dans son insécurité, elle a pu déposer peu à peu son histoire. Certains moments particulièrement douloureux ont été revisités avec des pratiques d’EMDR, d’hypnose, de PNL. La pratique de la sophrologie a permis de déposer les tensions physiques et le stress.
Aujourd’hui Sabine est sortie de la honte et a repris confiance en elle. Elle reconnaît sa valeur et ses compétences. Elle garde encore quelques stigmates de cette longue période de stress post-traumatique . Elle doit prendre soin d’elle et éviter trop de stress et de fatigue. Elle doit s’éloigner des personnes toxiques et contrôlantes. Elle doit nourrir des relations saines avec des personnes qui la respectent et font preuve de bienveillance. Elle a besoin d’évacuer rapidement le stress par des pratiques sportives et ludiques.
La technique de LCE ou EMDR est recommandée en cas de traumatismes, de dépendances, de chocs émotionnels, de deuil, de blessures de vie et pour toute situation ayant laissé un impact négatif dans le temps.
En tant qu’hypnothérapeute, j’associe ces pratiques avec de l’hypnose centrée sur les blessures de vie, ainsi que des techniques de sophro-relaxation pour la gestion du stress et de l’anxiété.



